Qu’est ce que le Cloud Computing et panorama des principaux acteurs
Depuis quelques années, la terme Cloud Computing est partout. Il fait partie de ces concepts informatiques qui naissent spontanément d’on ne sait où, comme l’a été l’expression ‘Web 2.0′ par exemple, et qui viennent abreuver la horde des décideurs informatique en quête d’innovation.
Relayer par le marketing, « le Cloud » fait les choux gras de la presse informatique. Il est devenu LA solution informatique que tout bon SI se doit d’avoir intégré sous peine d’être taxé de ‘has been’.
Mais au fait, c’est quoi le Cloud ?
Si vous posez la question à ces mêmes décideurs, la réponse tardera à venir et restera sans aucun doute évasive.
Personnellement j’ai touché le fond lorsque le PDG de la SSII dans laquelle je travaillais est venu me voir à la sortie d’une réunion interne en me posant cette question: « Dis moi, est ce que tu sais développer en Cloud toi ? » …
Le paradoxe dans tout ça c’est que personne ne sais vraiment ce que c’est. Par contre, il faut impérativement le mettre en place dans l’entreprise. Un commercial vous répondra qu’il est vecteur d’économie, un consultant vous parlera de productivité mais aucun des deux ne saura vous expliquer précisément de quoi il s’agit.
Et pour cause, dans la plupart des cas, l’infrastructure mise en oeuvre sous le terme de Cloud n’est pas différente de l’existante. Il est même possible d’avoir un Cloud à soi au sein même de l’entreprise. On parle alors de « Private Cloud« .
Et concrètement alors ?
Coté client, le terme Cloud Computing est synonyme d’externalisation du SI. L’analogie avec les nuages vient du fait que les utilisateurs finaux et les membres du staff technique de l’entreprise n’ont aucune connaissance sur la façon dont sont organisées et stockées les données au sein du datacenter qui les héberge.
Pour l’utilisateur rien ne change: un employé ne se soucis pas de la façon dont fonctionnent les applications qu’il utilise (externalisées ou pas).
C’est l’équipe technique qui rencontre la plus grande évolution. Les techniciens bureautiques et administrateurs systèmes & réseaux voient leurs prérogatives diminuer au profit d’une société extérieure. C’est souvent quelque chose de mal vécut par ces équipes car ce choix stratégique est ressenti (à tort) comme une dévalorisation de leurs compétences.
En réalité, c’est une amélioration de leur métier: soulager des taches ingrates, ils peuvent se consacrer à des actions plus intéressante et productive comme la recherche ou la formation des utilisateurs (qui fait cruellement défaut dans les entreprises).
C’est du coté de l’hébergeur que les choses se corsent. Les clients vont exiger réduction des coûts, fiabilité accrue et augmentation de la qualité de service.
Les datacenters d’hébergement devront offrir une élasticité de leur capacité de stockage et de traitement en fonction de la demande et de façon très réactive.
La méthode de facturation mensuelle est abandonnée au profit d’une facturation plus en rapport avec la consommation réel de l’utilisateur à un instant T suivant la logique: je ne paie que ce que je consomme.
En résumé. le Cloud Computing du point de vue de l’hébergeur c’est la capacité d’offrir un hébergement flexible et une facturation précise des ressources consommées.
Et le private cloud kesako ?
Pour faire simple, un « private cloud » (dédié) est un serveur (ou ensemble de serveur) équipé d’une solution de virtualisation et sur lequel on pourra faire et défaire rapidement des serveurs virtuels. Le serveur pourra être ou non externalisé.
Cela peu avoir un intérêt lorsque l’on recherche de la volatilité.
Chez les gros hébergeurs, le Private Cloud correspond à une offre de machines virtuelles à la demande. Intéressant lorsque l’activité ce développe et que l’on a besoin d’augmenter la puissance machine au fur et à mesure.
Les différents type de « As A Service »
Il y a différents degrés dans l’externalisation en fonction du niveau de maîtrise et de responsabilité que l’on souhaite conserver:
L’IAAS (Infrastructure As A Service): il s’agit d’un modèle dans lequel un client outsource uniquement les équipements nécessaires au fonctionnement d’une partie ou de l’intégralité de sont SI (serveurs, firewall, baies de stockage, etc …) et s’en remet au prestataire pour leurs gestions.
Le PAAS (Platform As A Service): Dans le PASS on ajoute à l’IAAS le système d’exploitation ainsi que le serveur d’application, de base de donnée et les outils de gestion attachés. Mais la maîtrise de l’application et des données restent à la charge du client.
Le SAAS (Service As A Software): un degré au dessus de PAAS, le SAAS consiste à proposer une solution applicative complète et pour laquelle le client paie en fonction de son utilisation. L’un des exemples le plus connu est Sales Force (une application CRM en ligne). Dans ce cas de figure, les utilisateurs ainsi que la DSI ne gère absolument rien et n’interviennent qu’au début du projet pour la mise en place fonctionnelle.
Le STAAS (Storage As A Service): particularité par rapport aux 3 précédents, le STAAS n’offre que le stockage. Ce type service est généralement utilisé pour de l’échange de fichier ou comme espace de stockage secondaire pour sécuriser des sauvegardes par exemple.
Les principaux acteurs du Cloud
Le marché de l’hébergement dit »Cloud » est devenu pléthorique depuis quelques temps mais il existe des mastodontes qui font office d’institution. Autant dire que les datacenter qui les hébergent sont colossaux.
SalesForce a été la première offre CRM online. Suivant l’adage « premier arrivé, premier servit » cette société est rapidement devenue leader sur un marché vacant.
Amazon Web Service est une collection de produits étiquetés Cloud Computing avec notamment Amazon Elastic Compute Cloud (Amazon EC2), qui permet d’exécuter des applications dans un environnement dont la puissance s’adapte automatiquent aux besoins du moment et Amazon Elastic MapReduce, système de bases de données non transactionnelle utilisé pour de très grosses quantités de données.
Si le moteur de recherche n’est plus à présenter, Google offre une liste impressionnante de services. En faire la liste exhaustive nécessiterait plusieurs articles et le mieux mais pour les découvrir je vous invite à aller voir ces deux pages : Google Products & Google Labs.
Microsoft s’implique aussi dans le monde du Cloud. Windows Azure est un ensemble de solution avec une approche type PAAS. Cette plate forme propose un socle assez riche de fonctionnalités que je vous invite à découvrir ici.
Pour conclure
Cet article n’est qu’une bref mise au point sur ce qu’est le Cloud Computing dernière l’aspect marketing et l’effet de mode. De plus, il s’agit du premier article de ce blog et il me paraissait important de préciser ma vision du Cloud.
Si vous souhaitez approfondir le sujet, je vous suggère de lire ce bouquin:
Cloud Computing – 2ème éd – Une rupture décisive pour l’informatique d’entreprise
Cet ouvrage commence par expliquer en détail comment fonctionne ce modèle. Il en détaille les bénéfices (économie, souplesse) et les risques (dépendance). Il dresse la liste des bonnes questions à se poser, puis détaille les étapes d’un déploiement de cette solution. Un panorama des solutions disponibles chez les grands éditeurs de logiciels puis une dernière partie plus technique sur la manière de concevoir et développer une application concluent cet état des lieux.















Philippe BECHET, Ingénieur Système au sein du service R&D d'un FAI.
Mission: isolation du réseaux de développement et de la plate forme de service.



















